“Passer du virtuel au réel, c'est comme passer du rêve à la réalité. C'est toujours plus merveilleux.”
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SOMMAIRE
• BJÖRK /// ALL IS FULL OF LOVE /// IS • DENIS VILLENEUVE /// BLADE RUNNER 2049 /// US • LILITH, EVE & SOPHIA /// SCARY, UNCANNY & ORIGINAL /// AE • JUSTINE EMARD /// CO(AI)XISTENCE & REBORN /// JP
• MARIE LELOUCHE /// SENSIBILITÉ SYNTHÉTIQUE /// FR • VALERY GRANCHER /// ORB /// CHN
• LOUVRE ABU DHABI /// INAUGURATION /// AE
• ALTITUDE N°2 /// CACN /// FR
• BART HESS /// BIZARRE, VOUS AVEZ DIT BIZARRE /// FR • MARIE MONS /// IDENTITY /// FR
• OLIVIER TERRAL /// EMPREINTES DE VIE /// FR • BARBARA MARSHALL /// LES TÉMOINS DE L'INVISIBLE /// FR • JEAN ISNARD /// ENTRE NATURE ET ARTIFICE /// FR
• CLÉMENTINE BALAIR /// AU CŒUR DES FRONTIÈRES //// FR
• CAROLINE BOURGINE /// LATITUDES CARAÏBES /// FR
• LABEL (2=3) /// ESPACE CROISÉ—VIDÉOFORMES /// FR
• DÉMOCRATISER LA CULTURE //// FR
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Les Androïdes rêvent de moutons électriques Tous ces moments se perdront dans l'oubli comme des larmes sous la pluie.*
All those moments will be lost in time like tears in rain.* Blade Runner 2049 Denis Villeneuve
Avec Blade Runner 2049 Denis Villeneuve signe une œuvre profane qui va au-delà du simple chef-d’œuvre sombre, existentiel et cyberpunk. Blade Runner 2049 est une œuvre magistrale où l'organique épouse l'artificiel et donne naissance à une troisième voie hybride à l'image des transgenres de notre époque. Identité clandestine en devenir ! Sur les traces de la version originale, Denis VIlleneuve redéfinit l'essence de l'être humain et délimite les frontières entre l'humanité et l'intelligence artificielle. Quatre générations après l’œuvre de Philip K. Dick. La réalité dépasse-t-elle la fiction ? Le transhumanisme aspire à une humanité [h+]. Ce[h+] incarne l’ambivalence du pouvoir, le dogme du progrès, le "fruit défendu" d'un nouveau désir d'Eden. "Si les androïdes rêvent de moutons électriques", ils sont en droit de revendiquer l'autonomie du statut de citoyen au même titre que l'humain ! En conséquence, quelle "coexistence" choisira l'humanité : oppressive à la manière des colonisateurs du Moyen-Âge — progressiste niant les fondements de l'Uncanny Valley** — humaniste reconnaissant ses crimes ?
* Citation de la dernière scène de Blade Runner. 1982.
**Théorie scientifique de la Vallée de l'étrange développée dans les articles suivants.
Depuis la désignation du nouveau prince héritier Mohammed ben Salmane, l’Arabie Saoudite en phase de mutation politique semble en plein "frétillement culturel". Deemah Alyahya, présidente de la National Digitization Unit souligne que le but de l'Arabie saoudite est de devenir une Nation Digitale et de s'imposer comme le centre de l'innovation au Moyen-Orient. Les regards s’étonnent devant l'émancipation accélérée du statut de la femme saoudienne ; de l'autorisation du permis de conduire à l'implication en tant que membre à la commission de la condition des femmes des Nations Unies et ce, malgré le conservatisme controversé.
L'Arabie Saoudite a décidé de donner sa nationalité à une intelligence artificielle dénommée Sophia. Quels droits et devoirs lui confère cette distinction ? « Ni Sophia ni le ministère ne se sont étendus sur les droits garantis par cette supposée nationalité. » Loin d’être neutre, cette décision se veut symbolique à plus d’un titre. Si Sophia est une passerelle culturelle qui désigne la sagesse en grec, au-delà du symbole et de la question de genre [h+], Sophia renvoie au rôle des femmes dans la société actuelle, à l'Histoire, mais aussi aux mythes et aux cosmogonies monothéistes—polythéistes—animistes.
A mi-chemin entre le "féminisme chevaleresque cybernétique, le primitif et le domestique" (ou la domotique), l'émancipation de Sophia incarne le paradoxe de « La vallée de l’étrange », ou « Scary Uncanny ». La théorie scientifique du roboticien japonais Masahiro Mori explique « notre malaise et notre seuil de tolérance » face à la vraisemblance entre humain et machine. A priori, l'être humain a tendance de rejeter le robot dès que nous percevons sa faille virtuelle et monstrueuse ; L’humain préférera percevoir le robot en tant qu’outil plutôt qu'en tant que véritable sujet, acteur de sa propre vie. Le libre arbitre de Sophia est déconcertant mais ses faiblesses nous rassurent.
Co(AI)xistence & Reborn Justine Emard, Mirai Moriyama, Robot Alter (developed by Ishiguro lab,
Osaka University and Ikegami Lab, Tokyo University), Marihiko Hara
Justine Emard explore les frontières entre l'intelligence artificiel(le) et l'humain. Développé dans le cadre d'une résidence d'artiste au Japon, le projet "Co(AI)xistence" est mené comme une expérience collaborative qui crée une interface artistique entre les données et le mouvement humain. L'acteur Mirai Moriyama interagit, en face-à-face, avec un robot animé par une forme d'intelligence primitive basée sur un système neuronal : un système de vie artificielle programmé par Ikegami Lab (Université de Tokyo). L'IA incarne une manière différente de comprendre les choses, non anthropomorphique, essentiellement en prenant des décisions.
La création se concentre sur un langage non structuré entre les deux entités. Ils interagissent à travers les signaux, le corps et le langage parlé avec leurs différentes intelligences. En utilisant un système d'apprentissage en profondeur, le robot peut apprendre de son expérience avec Mirai Moriyama, un acteur-danseur japonais. L'incarnation humanoïde de l'IA avait été créée par Ishiguro Lab (Université d'Osaka). Son apparence minimale permet une projection émotionnelle et ouvre un espace pour l'imagination. L'existence suppose d'être dans la réalité et/ou d'être vivant. Par l'expérience existentielle, l'humain et le robot tentent dorénavant de définir de nouvelles perspectives de coexistence dans le monde.
SENSIBILITÉ SYNTHÉTIQUE "IT IS WE WHO HAVE PUT OUR HANDS BEFORE OUR EYES AND CRY THAT IT IS DARK"*
Marie Lelouche Galerie Alberta Pane
La Galerie Alberta Pane est heureuse de présenter dans son espace parisien l'exposition “Sensibilité synthétique” de l'artiste française Marie Lelouche. Pour cette troisième exposition personnelle, Marie Lelouche présentera plusieurs pièces faisant partie d'un nouveau corpus d’œuvres développées depuis 2015 (dont Sense of Place). Après avoir accumulé un grand nombre de scans tridimensionnels réalisés dans l’espace public — un peu à la manière d’un photographe qui se constitue une collection d’images — l’artiste s’attache à composer et interpréter ces morceaux d’architecture, de mobilier urbain. Elle produit ainsi des œuvres hybrides d’après un registre de formes très singulier, comme autant de réappropriations sensorielles de ses archives numériques tridimensionnelles. Avec un fort intérêt pour les enjeux liés aux techniques d’enregistrement — politiques (sauvegarde et partage du patrimoine), culturelles (grande circulation d’informations) et sociétales (collections virtuelles personnelles) — qu'elle perçoit comme générateur de transformation des usages et des registres de représentations, elle travaille à une redistribution sensorielle dans l'espace d'exposition...
Le 30 Novembre 2017, l'artiste plasticienValérie Grancher a proposé une performance pour le centenaire de Der Stijl à la galerie Monochrome à Paris. Pour cette occasion, l'atelier de la rue du Départ de Piet Mondrian a été reconstitué dans un espace virtuel, et dans ce lieu, ce "topos", il propose une œuvre virtuelle "Orb" réalisée avec Google Tilt Brush, liant ainsi une vision moderniste de 1917 à celle d'un artiste de 2017.
Les "Orbs" sont produits avec Google Tilt Brush et Oculus Rift. Il s'agit des gestes manuels dans l'espace virtuel, des textures virtuelles et même parfois des mots. Tout est axé sur l'énergie et le flux. Ils questionnent aussi le paradigme de la Sculpture avec l'absence de gravité terrestre, de nouveaux matériaux (la fumée, par exemple), et aussi d'objets flottants dans l'espace. L’enjeu n'est pas d'utiliser les technologies pour les technologies, mais de définir des nouveaux paradigmes d'espaces, de formes, et des nouveaux concepts, tous liés au lien entre Virtualité et Réalité. Car souvent ces formes, une fois conçues dans l'espace virtuel, trouvent une existence physique au travers des impressions 3D, et définissent de nouvelles formes qui ne peuvent être conçus dans l'espace physique. Fruit de la RV comme simulation, les images fixes produites passent de la sculpture à la peinture avec un effet de perspective 3D à l'intérieur de l'iconologie abstraite du résultat, en tant que peinture digitale...
Au moment du post-internet, du post-média, de la post-sculpture et de la post-peinture, la Réalité Virtuelle est un moyen de remettre en question toutes ces pratiques à travers un nouveau type de simulation et comme l'a dit Philip K Dick : « La réalité est ce qui ne disparaît pas quand on arrête d'y croire. Une simulation n'a pas de morale, de préjugé ou de sens. Cela est comme la nature, d'un autre côté, l'Art a le même comportement en étant à la fois une réalité et une simulation !»
Cette ouverture est l’aboutissement du plus important projet de coopération muséale engagé par la France. Issu d’un accord intergouvernemental signé en mars 2007, le Louvre Abou Dabi, dessiné par l’architecte Jean Nouvel, est le premier musée universel du monde arabe. Dix ans après cette signature, nous saluons le travail remarquable de l’agence France Muséums, de l’autorité du tourisme et de la culture d’Abou Dabi, des équipes du Louvre Abou Dabi et de l’ambassade de France aux Émirats arabes unis. C’est grâce à leur détermination que ce projet, porté par le dialogue stratégique entre les autorités politiques françaises et émiriennes, pourra voir le jour.
À son ouverture, le Louvre Abou Dabi disposera d’une riche collection permanente issue d’acquisitions propres de plus de 600 œuvres, allant de l’Antiquité à nos jours, complétée par le prêt de 300 œuvres de musées français. Par la mise en regard d’œuvres majeures de tous les âges et de toutes les aires géographiques, le parcours muséal est construit autour du dialogue des cultures pour mettre en valeur ce qui leur est commun. L’agence France Muséums, qui regroupe le musée du Louvre et 12 autres musées français, a présidé à la conception du projet et sera chargée pendant 15 ans d’organiser 4 expositions temporaires par an. Intitulée « D’un Louvre a l’autre : ouvrir un musée pour tous », la première d’entre elles sera consacrée à l’histoire du musée parisien. Au total, un millier d’œuvres issues des collections nationales françaises seront présentées dès la première année...
Revue "Altitude" N°2
Déborah Billon, Samuel Biscuit, Tino Di Santolo, Guillaume Dorvillé, Ghislain Gabrelle, Perrine Griselin, Claire Martine, Cyndie Olivares, Samuel Trenquier, Margaux Szymkowicz, Pina Wood...
CACN
La revue Altitude vous invite à la présentation de son second numéro au CACN - Centre d'Art Contemporain de Nîmes le mercredi 6 décembre 2017 à partir de 18h. Revue
Altitude N°2 - Capsules. Se déplacer. Quitter un endroit pour se rendre dans un autre.
De la passion des voitures en passant par le cheminement de la pensée jusqu'à la contemplation du voyage de la lumière. Les artistes de ce numéro d’Altitude vous invitent dans leurs dérives et questionnent les notions de déplacement. Qu’il soit terrestre ou mental, vers quoi tend-il à nous amener ; ce temps nous est-il donné à l'errance, à la rêverie ou à l'organisation de nos transports ? Capsules entraîne le visiteur vers une dérive de ses propres pas. Mais vers où nous dirigent-ils, est-ce bien là l’important ?
Pour relever la notion de temps liée au déplacement, ce numéro prend la forme d’un calendrier. Cet objet fixe dans votre cuisine qui figure l’année qui passe sous vos pas, marqué d'événements importants et de jours faisant le quotidien. Ici, les artistes protéiformes, déclinent les environnements qui amènent le regard du lecteur à s’interroger sur les formes qu’il perçoit. A l’intérieur des propositions, le temps se contracte et se dilate, entre anticipation et retour vers le passé. Ces artistes produisent des dispositifs qui induisent une perception simultanée et incohérente du temps. Un regard nouveau, qui fait vivre au lecteur des déplacements comme dans une hyperloop.
Bienvenue. L’autoroute est à vous.
Margaux Szymkowicz
BIZARRE, VOUS AVEZ DIT BIZARRE !
Bart Hess & Alexandra Jaffré
L’exposition "Vous avez dit bizarre ?" explore la notion du grotesque contemporain à travers la sélection d’une quarantaine de designers. Codirigée et coscénographiée par l’artiste néerlandais Bart Hess et l’historienne d’art Alexandra Jaffré, elle réunit des projets de design qui jouent sur les codes du style grotesque pour montrer les implications sociales de nos comportements parfois excessifs. Le grotesque est communément considéré comme un caractère ridicule et exagéré. Cependant, son champ sémantique– généreux, mouvant et évolutif– permet de couvrir le territoire du ridicule à l’absurde sous les traits de l’humour, de la moquerie ou de prendre les formes du malaise. Il questionne bien au-delà des valeurs transmises comme la beauté ou le bon goût : il nous fait prendre conscience des vices de notre temps. Deux directions traditionnelles du style grotesque structurent le parcours : le grotesque ludique avec un monde imaginaire lié à l’enfance, avec ses couleurs, ses formes et ses plaisirs, et le grotesque effrayant qui se nourrit des peurs des adultes, plus sombres, plus tourmentées. Les frontières sont cependant plus poreuses qu’elles n’y paraissent. Les visiteurs connaissent des émotions riches et changeantes, puisque place est offerte à la liberté des réactions et des réflexions. Peu importe l’apparence du grotesque, ludique ou effrayant, il nous pousse à nous questionner non seulement sur les normes esthétiques mais aussi sur nos comportements de super-consommateurs et sur notre ultranarcissisme, à travers notre relation ambiguë à l’animal ou nos interactions sociales et émotionnelles si peu évidentes. Le principe de distanciation provoqué par l’exagération permet aux visiteurs de réfléchir sur nos vices contemporains attachés à nos désirs jamais satisfaits et sur une anxiété aujourd’hui globalisée.
Commissariat et scénographie : Bart Hess et Alexandra Jaffré + info : Exposition
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IDENTITY Marie Mons
Identity est un projet intime sur la féminité sans son attribut principal. Sujette à la pelade universelle depuis l’adolescence, j’explore mon rapport au corps au travers de mon identité de femme. Je photographie des femmes dans la même condition que moi, de la manière la plus honnête possible : avec une lumière lissante et sans maquillage. La plupart de ces femmes portent une perruque dans la vie de tous les jours par obligation professionnelle ou par choix ; lorsqu’elles décident de venir poser dans mon studio, cet acte est littéralement pour elles une mise à nu. Chaque rencontre est intense et porteuse de sens avec pour chacune une histoire. Je recueille leurs témoignages sur l’identité, la féminité que j’enregistre. J’entreprends ce projet comme une recherche esthétique, du beau à travers la différence.
Amazone, Bruxelles. Finissage le 12 décembre Écouter voir, Voz Gallery de Boulogne + info : MM
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EMPREINTES DE VIE MARKS OF LIFE Olivier TERRAL
C’est à l’apparition des passeports biométriques que l’artiste Olivier Terral, qui travaillait depuis quelques années déjà sur des œuvres pixelisées, a eu l’idée de réaliser des portraits d’identité en empreintes digitales. En peignant des portraits avec son pouce, Olivier Terral a pris conscience que cela lui permettait de laisser une trace multidimensionnelle, à la fois œuvre d’art et empreinte unique au monde.
Ayant trouvé, dans cette démarche artistique, un moyen de se poser et de réfléchir au sens de la vie et de ce qu’on laisse derrière soi, Olivier Terral a souhaité partager son expérience de la création-empreinte avec celles et ceux dont le présent était le plus habité par ces questions profondément humaines. C’est ainsi que l’artiste a eu l’idée de se tourner vers le monde hospitalier.
Le 13 novembre Olivier Terral a proposé un évènement participatif : il est allé à la rencontre d’hommes et de femmes dans un service de cancérologie. Il leur a proposé de laisser une trace, une empreinte de leur vie à travers un tableau à construire ensemble, et d’y associer un témoignage...
LES TÉMOINS DE L'INVISIBLE WITNESSES OF THE INVISIBLE
« Les forêts natales »
Musée du quai Branly jusqu'au 21 janvier 2018
Ne vous y trompez pas, "Les forêts natales" n’ont rien à voir avec les arbres ou plus exactement si, avec le bois, ce matériau qui, transformé par des mains magiques, prend des formes humaines. Vous ferez donc bien une balade, pas à l’ombre des bubingas, kevazingos, et izombés mais en déambulant entre des centaines de statuettes et de masques de la forêt équatoriale atlantique d’Afrique. Pour le profane qui se sentira plus à l’aise un atlas devant les yeux, la zone géographique concernée comprend la République Gabonaise, la République de Guinée Équatoriale, le sud de la République du Cameroun et l’ouest de la République du Congo. Cette exposition qui, je le répète, n’est pas en relation directe avec les forêts, est néanmoins spectaculaire. Pourquoi me demandez-vous, perplexe devant l’enthousiasme, voire la fascination qu’elle suscite chez ses visiteurs ? Tout d’abord, par le nombre de pièces qui nous sont présentées : 325 masques liés aux esprits et figures de reliquaires (autrement dit des statues utilisées dans le culte des ancêtres) ! Comme l’explique la brochure du musée, non sans fierté, il s’agit du « plus grand ensemble de productions artistiques d’Afrique équatoriale atlantique du 17ème au début du 20ème jamais exposé ».
ENTRE NATURE & ARTIFICE Jean Isnard BETWEEN NATURE & ARTIFICE
Jean Isnard se voit en « passeur » entre le monde de l’art et la technologie contemporaine. C’est son crédo, sa manière de s’inscrire dans le monde par les moyens de l’informatique notamment. Ses formes ne sont pas automatiques, mais modelées, décidées, avec l’exigence toujours renouvelée de travailler sur une idée qui se modifie, jouant sur les multiples possibilités offertes par l’ordinateur, réduisant la distance entre le concept et l’œuvre. Les fichiers numériques sont transmis à des spécialistes de la plasturgie. « L’objet Isnard » est le résultat d’une fabrication rigoureuse : CAO, stéréolithographie, thermoformage… D’abord occuper l’espace et se taire… Puis mettre en mouvement, associer, et captiver. Par l’évocation de peaux, de mues, de paysages, il s’agit de retrouver un lien avec l’homme et la nature, à travers l’outil informatique et industriel. C’est aussi une rencontre, c’est une œuvre en mouvement attisant le désir et la sensualité. Ce sont des lignes que Jean distille… Ses monts de Vénus et autres mamelons s’appellent alors des paysages. Dans les œuvres de Jean Isnard, il y a la puissance de la vie. Prétendre que c’est positif est certainement simpliste, disons qu’elles sont sûres d’exister. Sans avoir besoin d’imposer sa présence, Jean Isnard leur donne la vie avec la générosité d’un Gepetto. La bonne fée qu’est son talent achève de leur donner des ailes. On pourrait dire à la manière d’André Gide évoquant Maillol : « Les œuvres de Jean Isnard sont là, c’est tout, et c’est déjà beaucoup. »
Si Erwin Olaf vit et travaille à Amsterdam depuis le début des années 1980, il fut découvert par la scène artistique internationale avec la série Chessmen, grâce à laquelle il remporta le premier prix du concours Young European Photographer en 1988. Dès lors, il explore les questions du genre et de la sensualité, de l’humour, du désespoir et de la grâce à travers des problématiques sociales ainsi qu’un certain nombre de tabous. Erwin Olaf et Nicola Sirkis d’Indochine ont réalisé une série de photos à l’occasion de la sortie du treizième album du groupe. On retrouve certaines thématiques chères à Indochine : l’androgynie, la fusion des genres voire le non-genre. Dans la chanson Tomboy 1, garçon manqué en anglais, Nicola Sirkis en duo avec Kiddy Smile, artiste militant LGBTQ+ et "prince français du voguing", aborde le thème de la fluidité entre les genres. "Est-ce une fille ou un garçon ? une fille en pantalon, un garçon aux cheveux longs, c'est là la question…"
Les artistes se nourrissent de l'influence de l’Asie pour donner à partager de nouveaux regards sur le monde. La chorégraphe martiniquaise Clémentine Balair, un pied sur chaque continent, nous transporte dans le langage poétique corporel du "Conte Butô", nommé d'après une forme de danse née au Japon dans les années 1960. À cet héritage culturel, marquant une coupure entre tradition et modernité japonaises, Clémentine Balair danse son « être multiple ». Elle explore au-delà des paradigmes et parcourt diverses formes d'expression artistique : le Conte, le Corps, la Danse. Elle abandonne son armure pour puiser sa vitalité dans le métissage culturel européen, africain, caraïbe et asiatique qui stimule son approche du Butô. Pour cette artiste, "Forme et Force d'expression" sont à traduire en énergie créative face aux réalités pesantes. Ce processus laisse des empreintes sur la toile et la mémoire. Ainsi, Clémentine Balair danse avec la vie, l'énergie et l'instinct.
Présentée par Caroline Bourgine, "Latitudes Caraïbes" se veut une référence radiophonique ouverte sur le monde continental et insulaire des Grandes et des Petites Antilles, qui va de la pointe de la Floride aux Bahamas en passant par le golfe du Mexique, le Guatemala, les pays ismiques, le plateau des Guyanes et le Venezuela. Un programme conçu dans l’esprit d’une communauté de partage, d’histoires, de destins et de trajectoires. Les Caraïbes comme le 6ème continent du Tout monde, une entité dans sa diversité avec ses marges floues, ses migrations, ses marronnages, ses différents statuts d’aujourd’hui.
Un centre d'art contemporain, l’Espace Croisé à Roubaix, et une manifestation d'art vidéo et numérique, VIDÉOFORMES à Clermont-Ferrand, ont décidé de collaborer pour valoriser l’œuvre de trois artistes qui travaillent dans des domaines très spécifiques : l'histoire, le monde animal, la science.
Leur approche de ces domaines s’exerce à travers le prisme de l’art contemporain et donnent à voir des œuvres qui les interrogent. Cette exposition sera présentée lors du festival TADAEX initié par la Mohsen Gallery à Téhéran, en Iran, à partir du 29 novembre 2017. Avec l’aide du Ministère des Affaires Étrangères et de l’Ambassade de France à Téhéran.
17 NOVEMBRE > 15 DÉCEMBRE 2017 + info : Label (2=3)
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DÉMOCRATISER LA CULTURE
DEMOCRATIZING CULTURE
Eric de MON AGEND'ART
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